CARACTERISTIQUES
ET PARTICULARITES DES CHELONIENS...
1°) INTRODUCTION
Les tortues sont des vertébrés tétrapodes
amniotes puisquune membrane entourant lembryon forme un sac où
se développe le jeune. Cet amnios a permis aux animaux de saffranchir
du milieu aquatique pour leur reproduction. Ainsi, même les tortues aquatiques
doivent pondre sur la terre. Une seule espèce de tortues pond dans leau
(dans la terre toutefois). Tous les reptiles possèdent cette adaptation.
Ils sont aussi poïkilothermes et ectothermes (voir fiche N°1). Toutes
les tortues possèdent une carapace constituée dos plats soudés
les uns aux autres, surmontés décailles ou dune peau
épaisse et résistante. La carapace se compose de deux parties, réunies
par deux ponts latéraux, la dossière et le plastron. Chez certaines
espèces la dossière est articulée (Kinixys), chez dautres,
le plastron peut être mobile (Pelusios, Kinostrenons
) ou très
réduit (Chelidra). Les formes des écailles externes ne correspondent
pas aux formes des plaques osseuses, renforçant ainsi la solidité
de lensemble. Les chéloniens seraient apparus à lère
primaire. Le plus ancien fossile connu est Proganochelys quenstedtii (-210 MA)
2°)
LE SQUELETTE
Les tortues ont un squelette interne comme tous les vertébrés,
mais quelques particularités sont à noter. Tout dabord la
croissance du squelette est permanente, comme chez tous les reptiles, et il ny
a pas comme chez les mammifères darrêt de croissance. Il existe
toutefois un ralentissement de cette croissance avec lâge, mais les
centres dossification qui créent la croissance ne se ferment jamais.
Donc plus un individu est vieux plus il est grand. Les individus atteignent toutefois
une taille optimum pour lespèce.
La position interne de la ceinture
thoracique est une particularité qui nexiste que chez les chéloniens..
En effet les os de lépaule qui forment cette ceinture sont dans de
la cage thoracique. Deuxième distinction, les mâchoires sont dépourvues
de dents mais équipées dun bec corné qui possède
toutes les qualités requises pour couper, déchirer et prendre.
Enfin les tortues sont des reptiles anapsides (absence de fosses temporales, zones
derrière lil).

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SVT B.BENARD
3°) LE TUBE DIGESTIF
Débutons par la langue qui est large et musculeuse, non protractile (ne
pouvant être tirée à lextérieure) et de couleur
souvent rose. Les chéloniens ne possèdent pas de dents, mais les
lèvres sont cornées et forment un bec. Ce bec est efficace pour
couper les aliments. La salive des tortues est très épaisse, de
type mucus, et sert à lubrifier les aliments pour leur ingestion. Par contre
cette salive na aucune activité enzymatique.
Pour avaler, les
tortues doivent étendre le cou pour faciliter la descente des aliments.
Lestomac est pourvu dune valve gastro-oesophagienne et dune
valve pylorique comme celui des mammifères. Lestomac est une simple
poche transversale. Lintestin grêle est assez court ; cest lui
qui absorbe les nutriments et leau. Les enzymes digestives sont produites
par lestomac, lintestin grêle, le pancréas, le foie et
la vésicule biliaire. Le foie, assez volumineux est situé sous les
poumons.
Le gros intestin est le lieu de la fermentation microbienne chez
les herbivores. Cette flore bactérienne est riche et variée. Elle
est indispensable à la bonne digestion des tortues notamment des herbivores.
Il semblerait de plus que certains parasites soient aussi des hôtes intervenant
dans la digestion de la cellulose. Le colon se termine dans le complexe cloacal.
Le rectum possède une action dans labsorption de leau doù
lintérêt de baigner les animaux déshydratés (surtout
les juvéniles).
La durée
du transit digestif des tortues est très variable. Cette durée dépend
de la température ambiante et de la nature des aliments. Elle est de 4
à 5 jours à 28°C mais de 15 jours à 18°C. Une alimentation
fibreuse accélère le transit alors quune alimentation trop
protéinée le ralentit. Lors de lhibernation le transit intestinal
est quasi nul. Il est donc recommandé de diminuer progressivement, puis
de supprimer lalimentation des tortues pour vider leurs intestins avant
leur entrée en hibernation.
Les régimes alimentaires des tortues
sont variés. Il existe des herbivores pures (plutôt les tortues terrestres),
des carnivores pures (plutôt les tortues aquatiques) et des tortues à
alimentation mixte (Nombreuses tortues palustres). Certaines emydidés sont
carnivores juvéniles puis herbivores adultes.
4°)
LE SYSTEME RESPIRATOIRE
La glotte se situe à la base de la langue.
Elle se continue par la trachée qui est courte chez les Cryptodyres (tortues
ayant la capacité de rentrer la tête dans la carapace) et plus longue
chez les Pleurodyres (tortues mettant la tête de côté pour
se protéger). La trachée se divise ensuite en deux bronches qui
souvrent directement dans les poumons. Cette bifurcation très antérieure
permet aux tortues de respirer même si la tête est rentrée
dans la carapace. Les poumons sont attachés directement sur la face dorsale
de la carapace (cette position explique la gravité des blessures délabrantes
de la carapace). Un ligament fixe les poumons ventralement sur les organes tels
le foie, lestomac et les intestins. Il nexiste pas de diaphragme chez
les Chéloniens, aussi la respiration est directement conditionnée
par le mouvement de muscles qui augmentent et diminuent les volumes viscéraux,.
Les membres et la tête vont aussi influencer la respiration par leurs mouvements.
Les poumons sont de gros sacs ayant un volume ressemblant à une éponge.
La surface totale développée par les poumons des Chéloniens
est proportionnellement inférieure à celle des mammifères
Le métabolisme moins important des reptiles se satisfait cependant de tels
poumons. Chez les tortues happeuses en plongée linspiration est active
mais lexpiration est passive du fait de la pression hydrostatique. A linverse,
sur terre, leur inspiration est passive et leur expiration est active. Aucune
pression négative nexiste dans les poumons des tortues. Cette particularité,
explique quune blessure de la carapace nentraine pas de détresse
respiratoire de lanimal. Les tortues nont pas de système permettant
lévacuation des sécrétions ou des corps étrangers
dans le système respiratoire, aussi toute pneumonie est dramatique.
On a démontré que Tryonix triunguis peut respirer à hauteur
de 30% grâce à sa vascularisation buccale et cutanée. Signalons
que certaines tortues peuvent utiliser une respiration par le cloaque lorsquelles
sont sous leau en hibernation
Bien que résistant facilement à
une apnée et ne nécessitant quune respiration très
basse en hibernation, les tortues respirent essentiellement par leurs poumons
lorsquelles ont une activité normale.
5°)
LE SYSTEME URINAIRE
Les reins sont situés sur le plastron vers larrière.
Ils sont de type primitifs avec peu dunités glomérulaires
(unité fondamentale qui forme lurine). Ils ne peuvent pas concentrer
les urines. Lexcrétion durée ou dammoniac nécessitant
de grands volumes deau, cela nest possible que chez les tortues aquatiques.
Les tortues terrestres (qui doivent économiser leau) ont plutôt
développé une élimination de déchets presque solides
sous forme dacide urique ou durates.. Ces différences par rapport
aux mammifères entraînent des difficultés pour détecter
les pathologies rénales par les indicateurs sanguins classiques. La vessie
est bilobée et possède une paroi fine et très extensible.
Cette vessie sert de réservoir deau chez les espèces terrestres.,
Qui na pas été étonné un jour de constater le
volume impressionnant quune tortue peut uriner? Cloaque, colon et vessie
ont la capacité de réabsorber leau de lurine. Ils contribuent
ainsi à limiter la perte deau corporelle.
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couples
de MarginataDoc G;Scarbonchi
6°)
LE SYSTEME REPRODUCTEUR
Les gonades (testicules ou ovaires) sont situées
à lavant des reins. Les ovaires expulsent les ovules qui sengagent
dans loviducte ; celui-ci sécrète lalbumine de luf,
la portion distale (postérieure) formant la coquille.
Le mâle
possède un pénis érectile, qui en position de repos est fixé
ventro-médialement sur le plancher du cloaque. Il ne sert pas à
lélimination des urines. Quand il gonfle, il sort du cloaque et sert
au transport du sperme grâce au sillon séminal.
7°)
LE SYSTEME CIRCULATOIRE
Le système circulatoire est typiquement reptilien.
Il est possède donc deux oreillettes et un ventricule, une quatrième
cavité est reconnue par certains le sinus veineux. Les deux oreillettes
ont une paroi mince et sont séparées par une cloison. Le sinus veineux,
qui a aussi une paroi mince, souvre dans loreillette droite. Le ventricule
possède une paroi musculaire épaisse. Trois troncs artériels
prennent naissance dans ce ventricule : le tronc pulmonaire, laorte droite
et laorte gauche. Trois grosses veines ( deux veines caves antérieures
et une veine cave postérieure) souvrent dans le sinus veineux. Le
sang oxygéné et le sang non-oxygéné passent tous deux
dans le ventricule mais ils sont toutefois séparés par une crête
musculaire. Nous avons là un système circulatoire imparfaitement
cloisonné, mais du fait dun métabolisme avec de faibles exigences,
les tortues ont un système circulatoire parfaitement fonctionnel et efficace.
Un système porte rénal existe chez les tortues, il sagit dune
dérivation depuis la circulation postérieure du corps vers les reins.
Cette conformation entraîne une excrétion très rapide des
médicaments injectés sur la partie postérieure du corps.
Il est donc recommandé, pour certaines molécules, de les injecter
dans la partie antérieure des tortues.
8°)
LE SANG
Les tortues possèdent des hématies (globules rouges)
et les globules blancs comme les mammifères, mais les globules rouges sont
des cellules avec un noyau. Le nombre de globules rouges est denviron 1
000 000 /mm3 soit beaucoup moins que chez les mammifères. Les globules
blancs varient de 8 à 13 000 / mm3. Les plaquettes sont aussi des cellules
à noyaux. La coagulation suit à peu près le même mécanisme
que chez les mammifères. Le poids total du sang chez les tortues est proportionellement
inférieur à celui des mammifères. Le rôle de transport
de loxygène par le sang est le même que chez les mammifères,
mais sa basse teneur en oxygène ne permet pas aux tortues deffectuer
des efforts prolongés. La vitesse de circulation du sang est plus basse
que chez les autres animaux ce qui entraîne une dissémination lente
des médicaments lors dinjection intra musculaire ou sous cutanée.
9°) LA CARAPACE
La carapace des tortues est recouverte de plaques cornées
ou de cuir épais. Les carapaces dures sont recouvertes décailles
cornées ; la couche osseuse est par contre identique chez toutes les tortues.
Le dessin des écailles cornées ne correspond pas à celui
des plaques osseuses sous-jacentes.
Les variations de la carapace peuvent
être dues à des différences de la taille des plaques osseuses,
( Apalone, Tryonix, Kinostrenon, Chelydra ont des plaques osseuses réduites
au niveau du plastron), à la présence darticulations entre
les plaques osseuses (Kinixys, Cuora, Terrapene), à différentes
formes des plaques osseuses (différence entre mâle et femelle) .
La carapace est un tissu vivant irrigué par des vaisseaux sanguins. Pour
traiter médicalement une tortue, il faut donc tenir compte du poids total
de lanimal sans soustraire le poids de la carapace.
10°)
LA PEAU ET LES PHANERES
La peau des Chéloniens varie du lisse à
lécailleux.. Les carapaces molles ont une peau lisse non écailleuse
alors que les Testudinidés ont de fortes écailles sur la peau.
Les griffes des tortues sont des étuis cornés à pousse régulière.
Cet étui recouvre la phalange terminale et cest toute sa surface
qui produit la partie cornée. Une pousse excessive de la griffe doit être
coupée en faisant attention de ne pas couper trop court pour éviter
tout saignement. Si cela arrive il faut cautériser la coupure avec de leau
oxygénée ou un fer chaud.
La peau subit comme chez tous les
reptiles une mue régulière. Cette mue nest jamais totale et
unique, elle se fait par lambeaux et est étalée dans le temps. Donc
lapparition de peaux mortes dans les bacs ne doit pas obligatoirement faire
suspecter une dermatose.
11°)
LE SYSTEME NERVEUX
Le cerveau des tortues est dit primitif. Il noccupe
pas tout le volume de la boîte crânienne car son enveloppe, la dure
mère, est très volumineuse. Lil est assez complet et
performant. Le nez possède deux narines externes et deux choanes internes.
Les tortues possèdent un odorat rudimentaire, la vue semble être
le sens principal pour la perception du milieu. Les oreilles ne possèdent
pas dorgane externe, le tympan est soit directement apparent, soit caché
par des écailles. Le système nerveux des tortues est assez proche
dans les perceptions que les autres animaux. En conséquence il faut toujours
tenir compte de la souffrance de lanimal lors de soins importants. Cette
souffrance peut-être génératrice de stress débilitant
pour la tortue.
Alain BERTRAND
pour La Tortue Soleil